L’infusion de thym : usages traditionnels et connaissances actuelles
Le thym est une plante aromatique utilisée en cuisine et en infusion. Certains de ses usages reposent sur une longue tradition ; d’autres font l’objet de recherches. Pour comprendre ses bienfaits possibles, il faut distinguer une infusion de feuilles, un extrait, une huile essentielle et les composés isolés étudiés en laboratoire.
Le thym contre la toux grasse associée au rhume
L’Agence européenne du médicament reconnaît l’usage traditionnel de certaines préparations de thym contre la toux grasse associée au rhume. Ces préparations comprennent notamment des plantes séchées utilisées en tisane. L’Agence précise toutefois que les essais cliniques disponibles ne permettent pas de conclure fermement à leur efficacité : cette reconnaissance repose sur leur utilisation de longue date.
Pour en savoir plus : évaluation du thym par l’Agence européenne du médicament.
Thymol et inflammation : ce que montre la recherche
Le thymol et le carvacrol sont des composés présents dans l’huile essentielle de thym. Une étude publiée en 2016 a examiné leurs effets sur des mécanismes inflammatoires dans des cellules de souris cultivées en laboratoire. Ces résultats ne démontrent pas qu’une infusion de thym exerce le même effet chez l’humain, ni qu’elle traite une toux irritante.
Source : étude sur le thymol, le carvacrol et les mécanismes inflammatoires, 2016.
Relaxation et sommeil : des résultats encore à confirmer
Un essai publié en 2023 auprès de 106 étudiants a observé une amélioration de certains scores d’anxiété et de qualité du sommeil après un mois de prise de feuilles de thym en gélules. Les résultats reposaient sur des questionnaires et ne concernaient pas une infusion. Ils constituent une piste de recherche, sans permettre de promettre qu’une tisane de thym avant le coucher améliore le sommeil.
Source : essai sur les feuilles de thym, l’anxiété et le sommeil, 2023 (PDF).
Asthme et allergies : ne pas extrapoler les résultats
Un essai publié en 2024 auprès de 60 enfants a étudié un sirop de thym en complément de leur traitement habituel de l’asthme. Certains résultats étaient favorables, mais tous les critères mesurés ne s’amélioraient pas significativement. Cet essai ne permet pas de présenter une infusion comme un traitement de l’asthme ou des allergies, ni comme un remplacement du traitement prescrit.
Source : essai sur un sirop de thym en complément du traitement de l’asthme, 2024.
Infections urinaires : des recherches en laboratoire
Des études ont observé une activité antibactérienne de l’huile essentielle de thym en laboratoire. Une publication de 2020 a notamment testé différentes huiles essentielles contre des bactéries dans de l’urine artificielle. Il ne s’agissait pas d’un traitement administré à des patients. Cette recherche ne permet donc pas de recommander une infusion de thym comme remède contre une cystite.
Source : étude expérimentale sur les huiles essentielles et les bactéries urinaires, 2020.
Digestion, constipation et amaigrissement : des niveaux de preuve différents
Le rapport d’évaluation de l’Agence européenne du médicament mentionne des usages digestifs traditionnels du thym dans la littérature. L’indication retenue dans sa monographie concerne cependant la toux grasse associée au rhume. Un usage traditionnel ne constitue pas, à lui seul, une démonstration clinique d’efficacité.
Les travaux identifiés sur la constipation et l’obésité portent respectivement sur des rats et des souris recevant des extraits de thym. Ils ne démontrent pas qu’une infusion soulage la constipation ou fait maigrir chez l’humain. La recherche documentaire effectuée pour cet article n’a pas non plus identifié de preuve clinique pertinente permettant d’affirmer qu’une infusion de thym « élimine les toxines ».
Sources : rapport d’évaluation de l’EMA (PDF), étude sur un extrait de thym et la constipation chez le rat, étude sur un extrait de thym et l’obésité chez la souris.
Les précautions à connaître
L’Agence européenne du médicament signale notamment un risque d’allergie au thym ou à d’autres plantes de la famille des Lamiacées, ainsi que de possibles troubles digestifs. Les conditions d’utilisation dépendent de la préparation. Pour un usage médicinal, suivez sa notice et demandez conseil à votre pharmacien, notamment pour un enfant, pendant la grossesse ou l’allaitement. Une toux qui s’aggrave ou persiste au-delà d’une semaine pendant l’utilisation nécessite un avis médical.
Source : précautions et limites d’utilisation présentées par l’EMA.

Laisser un commentaire